L’IA peut-elle remplacer la traduction humaine ?

Dans un contexte marqué par l’essor exponentiel de l’intelligence artificielle, de nombreux secteurs économiques sont bouleversés par de nouvelles pratiques et la menace de voir de nombreux métiers disparaître, que ce soit dans le journalisme, le graphisme ou la traduction, pour ne citer que ceux-là.

Face à la généralisation de la traduction automatique, la tentation est forte de prendre ce raccourci moins coûteux qu’un professionnel humain et d’utiliser ce “contenu” tel quel. Une décision naïve qui peut coûter cher, comme cela a été récemment le cas au Canada où le commissariat aux langues officielles a découvert, à ses dépens, le coût d’un tel choix sur son image.

Cliquez sur le lien ci-après pour découvrir les conséquences risibles d’une traduction où l’on se passe de l’humain. https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10589560/commissariat-aux-langues-officielles-est-il-vraiment-bilingue

Il semble donc nécessaire de rappeler qu’à l’heure actuelle, les IA continuent de traduire mot à mot, sans adaptation ni transcréation. Si l’on peut se contenter d’une traduction dont la qualité est approximative dans certaines situations à faible risque, les enjeux peuvent rapidement devenir plus sérieux lorsqu’une erreur de traduction risque de compromettre l’image de marque, le branding ou la réputation d’une entreprise. Ou pire, la vie des utilisateurs finaux (notices de médicaments, manuels d’utilisation d’outils dangereux, clauses contractuelles et engagements de conformité, etc.).

Les entreprises peuvent-elles se permettre un tel pari ? A leurs risques et périls…

Les organismes officiels n’ont-ils pas un devoir de montrer l’exemple, a fortiori lorsqu’ils sont censés défendre la diversité linguistique ?

L’IA ne réfléchit pas avec le même degré de finesse et de sensibilité qu’un humain. Elle ne repère pas les sous-entendus ou les connotations embarrassantes qui peuvent résulter d’une traduction sans réflexion culturelle.

Si l’IA peut être au service des traducteurs et des clients, elle n’est pas une solution miracle à elle seule.

Pour conclure, je vous propose cette citation à méditer :

La traduction est ce qui transforme tout pour que rien ne change. — Günter Grass


La traduction, un vrai métier

youtuber-2838945_960_720

La traduction fait partie de ces métiers qui donnent l’impression d’être faciles. Il suffirait de parler une langue étrangère pour pouvoir s’improviser traducteur. Or, cette profession est ultra exigeante. Il faut faire preuve de minutie, de rigueur et de discipline pour fournir un texte de qualité dans sa langue maternelle. Et la qualité, ça prend du temps.

A l’ère du numérique, notre “société du dépêche-toi” réclame des résultats toujours plus rapides : rédiger une traduction de qualité relève parfois du défi. En 2017, Netflix avait lancé sa campagne de recrutement de traducteurs pour sous-titrer ses films et séries. La société avait même utilisé un titre ronflant très trumpien : “recruter les meilleurs traducteurs du monde”. Pourtant, ces dernières années, les articles et commentaires ont fleuri sur la toile pour signaler la piètre qualité de certains sous-titrages. La rapidité aurait parfois pris le dessus sur la qualité.

Voici un extrait de l’article du Point en date du 6 mai 2019 intitulé : “Pourquoi les sous-titres de Netflix frisent l’amateurisme” :

Il fallait aller très vite pour répondre à la demande. » « J’ai des traducteurs de l’ATAA qui ont fait le test et ont été recalés parce qu’ils étaient trop minutieux, donc trop lents »

Un résultat contre-productif qui doit nous interpeller. Pas uniquement dans le monde de la traduction. Doit-on accepter cette course effrénée et se contenter d’un travail bâclé ?

Dans le triangle Qualité – Coût – Délai, une combinaison n’existe tout simplement pas : rapide, qualitatif et pas cher.

Innovation technologique dans la traduction

desk-3139127_960_720

Il y a quinze jours, la radio Europe 1 parlait d’une nouvelle technologie dans le domaine de la traduction : des lunettes connectées pouvant traduire en direct jusqu’à 12 langues.

La vidéo est accessible ici : https://www.europe1.fr/technologies/ces-lunettes-pourraient-etre-le-futur-de-la-traduction-de-langues-etrangeres-en-direct-3925638

Elles seront d’abord vendues aux entreprises pour les conférences et pour les réunions internationales. Car ces lunettes restent toutefois beaucoup moins chères qu’un traducteur.

Mais qu’en est-il de la qualité de la traduction… ?