La traduction, un vrai métier

Youtuber, Blogger, Scénariste, Désespérée

La traduction fait partie de ces métiers qui donnent l’impression d’être faciles. Il suffirait de parler une langue étrangère pour pouvoir s’improviser traducteur. Or, cette profession est ultra exigeante. Il faut faire preuve de minutie, de rigueur et de discipline pour fournir un texte de qualité dans sa langue maternelle. Et la qualité, ça prend du temps.

A l’ère du numérique, notre « société du dépêche-toi » réclame des résultats toujours plus rapides : rédiger une traduction de qualité relève parfois du défi. En 2017, Netflix avait lancé sa campagne de recrutement de traducteurs pour sous-titrer ses films et séries. La société avait même utilisé un titre ronflant très trumpien : « recruter les meilleurs traducteurs du monde ». Pourtant, ces dernières années, les articles et commentaires ont fleuri sur la toile pour signaler la piètre qualité de certains sous-titrages. La rapidité aurait parfois pris le dessus sur la qualité.

Voici un extrait de l’article du Point en date du 6 mai 2019 intitulé : « Pourquoi les sous-titres de Netflix frisent l’amateurisme » :

Il fallait aller très vite pour répondre à la demande. » « J’ai des traducteurs de l’ATAA qui ont fait le test et ont été recalés parce qu’ils étaient trop minutieux, donc trop lents »

Un résultat contre-productif qui doit nous interpeller. Pas uniquement dans le monde de la traduction. Doit-on accepter cette course effrénée et se contenter d’un travail bâclé ?

Dans le triangle Qualité – Coût – Délai, une combinaison n’existe tout simplement pas : rapide, qualitatif et pas cher.

De la difficulté de traduire

Selon un classement publié sur le site themuse.com, le métier de traducteur et/ou interprète se classe à la 4e place des métiers à domicile les plus lucratifs, un constat assorti d’un point crucial, le niveau de compétences qui est estimé, à juste titre, « très élevé ». Le site décrit la profession comme suit :

« [Translators] work on special projects that are suited to their talents and areas of knowledge »

En plus d’excellentes qualités rédactionnelles, un traducteur doit effectivement posséder de très bonnes connaissances des secteurs pour lesquels il traduit des documents.  Cette profession requière autant de qualités scientifiques (factuelles) que de compétences artistiques (rédactionnelles). Malheureusement, cette profession étant dérèglementée, n’importe qui peut s’improviser traducteur. Par conséquent, il n’est pas étonnant que l’on se retrouve parfois face à des traductions peu satisfaisantes, voire même un florilège d’erreurs dont les conséquences peuvent être retentissantes. En ce 2 septembre, une erreur historique refait la une, celle de la traduction du mot japonais « mokusatsu » lors de la 2e guerre mondiale (http://www.slate.fr/story/91073/mokusatsu-erreur-traduction-seconde-guerre-mondiale). Cet article très intéressant aborde la difficulté de traduire des termes très ambigus dans le cadre des relations diplomatiques, un exercice de haut vol.

Comment traduire avec justesse des termes ambivalents, sachant que le choix pourrait avoir des répercussions fatales ? Une situation complexe autant sur le plan intellectuel qu’éthique. Imaginez la scène avec cette note de la NSA :

“Mais que voulez-vous dire par: ‘Mokusatsu peut signifier ‘Sans commentaire’ ou ‘Ignorer avec mépris’?!’ Nom de dieu soldat, je ne peux pas aller voir le chef des forces armées avec ça! Je dois lui donner des faits précis, pas un questionnaire à choix multiples! Alors vous vous remettez au boulot et vous me donnez une traduction valable »

Dans un autre contexte, on observe parfois que certains ont un recours plus que léger à des outils peu fiables comme Google Translate, ce qui se traduit par des erreurs gravées dans le marbre (ou le granit dans ce cas-là). Au Canada,  une traduction incompréhensible du poème When I Think of Famous Men de sir Stephen Spender a été gravée sur une façade d’un nouveau monument érigé dans un cimetière militaire à Ottawa. Pour consulter l’article, cliquez ici.

L’utilisation de certains outils est donc à éviter par respect pour la profession d’une part, mais surtout pour le public cible qui mérite de lire un texte compréhensible. En revanche, le recours au correcteur orthographique devrait être, lui, encouragé. Voici un autre exemple d’erreurs gravées dans le marbre : Cela se passe à Ferney-Voltaire, une petite commune dans la région Rhône-Alpes (France). Des plaques gravées de plusieurs citations de Voltaire ont été installées sur l’allée classée menant au château du philosophe. Problème : des fautes d’orthographe ou de syntaxe ponctuent les citations de l’écrivain du Siècle des Lumières. Des erreurs gravées dans le bronze ! Vous pouvez regarder le reportage en cliquant ici.

L’erreur est humaine, ça peut arriver à tout le monde, même aux linguistes les plus érudits. Mais, l’étape de la relecture ne devrait jamais être considérée comme facultative. Exprimer un message c’est bien, mais la forme compte autant que le fond, n’est-ce pas ?

Petit guide de l’acheteur de traductions

Cherchez-vous à élargir la présence de votre entreprise au marché international ? Dans ce cas, il est dorénavant essentiel que vous vous internationalisiez aussi sur le plan linguistique. Si vous vous adressez à votre nouveau public dans sa propre langue, vous aurez plus de chances de le séduire et de vous implanter avec succès. Pour cela, il vous faut traduire, entre autres, vos brochures, votre site Web, votre blog, et même votre communication sur les réseaux sociaux !

Pour une communication internationale réussie, il est indispensable que vous vous posiez toutes les bonnes questions en amont. La première impression est cruciale, alors mettez toutes les chances de votre côté et sollicitez les services d’un traducteur qualifié et compétent.

La traduction de vos supports est un investissement, et non un coût.

Dans ce sens, la Société française des traducteurs (SFT) a élaboré un petit guide de l’acheteur très complet et informatif. Pour le consulter, veuillez cliquer ici.

La traduction de vos documents ne consiste pas uniquement à changer des mots d’une langue à une autre. Toute une stratégie doit être mise en place pour garantir une communication efficace, ciblée et adaptée à votre nouveau public. Que ce soit au niveau des slogans, des images ou du style de rédaction, vos documents doivent être soignés et refléter avec précision l’image de votre société. Cela exige une véritable collaboration entre le traducteur et l’entreprise qui s’ouvre à l’international.

Vous voulez vous donner une image internationale ? Bannissez l’approximation. Car dans de nombreuses cultures, les gens n’apprécient guère qu’on déforme leur langue. Charmant ? Non, ils trouvent ça méprisant.